Wednesday, March 02, 2011

L'immobilier val d'oise



Depuis le début de la bulle immobilière, de nombreux Français rêvent de
devenir propriétaire de leur logement.

:arrow: D'une part, devenir propriétaire est présenté comme un but
ultime dans la vie. Cet objectif justifie tous les sacrifices, y compris
celui de s'endetter à hauteur de 33% sur 30 ans. Les acheteurs perdent
la notion des prix et confondent remboursement mensuel, loyer mensuel et
coût total d'acquisition.

:arrow: D'autre part, être propriétaire est un signe de reconnaissance
sociale. Dans certains cas, l'acheteur perçoit l'achat comme
l'appartenance à un groupe social.

:arrow: Enfin, la propriété est perçue comme un moyen de faire fortune
rapidement. L'immobilier est présenté comme la nouvelle pépite.

:arrow: On nous signale une parenté avec le Mythe de la Grotte, selon
lequel l'homme moderne devrait répondre à ses besoins fondamentaux : se
loger, non pas se loger dans un « studio coquet niché dans la verdure a
rafraîchir seulement 267 000 euros a saisir» mais s’entourer de pierre
comme quelque chose d’inscrit dans le cortex. Ce mythe serait synonyme
de repli culturel et social, comme à l'époque où les Romains se sont
repliés dans leurs propriété, pour fuir la violence des villes et les
pillages des babares. A l'époque moderne, le home-sweet-home est perçu
comme un refuge devant le silence du monde et sa violence.

Nous ne tenons pas ici à discuter de ces thèses, mais uniquement à
identifier les rumeurs qui circulent, pour les analyser de manière
sociologique. Toute rumeur a un (petit et très lointain) fond de vérité.
Pour discuter de la véracité des rumeurs, utilisez le forum de
discussion principal.

Si votre famille, des amis, des proches ou des relations de travail
considèrent que devenir propriétaire est un but ultime dans la vie,
faites-nous part de votre expérience ici.

Par recoupement, nous espérons établir

Locataire un immeuble dans Paris 11° depuis un an, je suis assez étonné
par la facilité avec laquelle des voisins que nous ne connaissons pas
disent sans préambule "Je suis propriétaire". Cela intervient toujours
dans les problèmes de voisinage, même infimes. Cela signifie : nous
sommes vraiment chez nous, au contraire des autres; et la loi est nôtre.
Cela donne des scènes parfois absurdes. Un locataire avait l'habitude de
faire du bruit et son voisin du dessus a crié un soir dans la cage
d'escalier "Je suis propriétaire!"
J'émets l'hypothèse suivante : face à la montée des incivilités, la
densification des villes, l'allongement des temps de transport,
l'accroissement d'une population immigrée mal intégrée, la présence
visible et culpabilisante de sans-domiciles dans les rues (et sur un
plan plus abtrait l'ouverture des frontières aux échanges économiques et
les effets croisés de délocalisation à l'étranger/prises de contrôle par
des sociétés étrangères) l'habitant a un sentiment de dépossession du
territoire dans lequel le logement paraît le dernier refuge paisible et
familier, soumis à la loi qu'il s'est donné. Dans ce schéma, l'intrusion
dans l'espace privé du propriétaire d'un logement loué (rappel de loyer,
mot à dire sur la décoration etc) ne paraît plus acceptable aux
locataires: les gens ne veulent plus louer et rêvent d'une propriété où
ils auront la maîtrise de leur espace. Une fois propriétaires, ils sont
d'autant plus sensibles aux interférences du voisinage. "Etre chez moi"
est souvent l'expression que j'entends pour justifier un achat
immobilier, au delà de tout calcul financier. On peut gager que cette
attitude, plus ancrée encore depuis que la xénophobie politique est
passée de mode, persistera tant que d'autres mode collectifs
d'appropriation du territoire ne se seront pas mis en place. On peut
remarquer que Tony Blair a fait de la lutte contre les incivilités un
point central de son troisième mandat au moment même où les anglais
percoivent que leur logement n'est plus sûr (hausse de taux, hausse des
expulsions hypothécaires et baisse des prix).

A ne pas confondre avec l'Allégorie de la caverne (quoique).
Comme le disait Marie, il faut un peu de temps pour étayer une étude
sérieuse sur un mythe populaire. Pour ma part je m’intéresse au Théorème
de la Caverne ou Mythe de la Grotte (pour rentrer dans les cases), CAD
le plus fondamental des besoins (après survivre et copuler), se loger,
non pas se loger dans un « studio coquet niché dans la verdure a
rafraîchir seulement 267 000 euros a saisir» mais s’entouré de pierre
comme quelque chose d’inscrit dans le cortex.
Traduit donc de nos jours par « devenir propriétaire » « investir dans
la pierre » « valeur-refuge » « quand le bâtiment va tout va » etc.
En toute logique l’homme « moderne » devrait être liquide et mobile,
vivre en short avec une carte gold-platinum-premier (et quelques
diamants et lingots planqués dans divers coin du monde au cas ou). Mais
non, autour de moi le discours est celui de l’homme des cavernes.
Donc je suivrais ton protocole pour amener ma « pierre » à l’édifice (en
éditant ce post).

Patience donc
Annexe : la caverne d’aujourd’hui n’a pas du tout les mêmes qualités que
la bonne vieille caverne d'autrefois (climatologiques, écologique,
solidités de plus elle est indéfendable en cas d'attaques) mais alors la
pas du tout.


*Localisation:* Bretagne
je vous salut Marie (d'accord déja fais).
Mary Mary quite contrary (déja moins) :lol:


Cocteau disait "On monte vers le bonheur" quand il prenait l'escalier
: c'est parcequ'il suivait une dame, comme le veut la courtoisie.

PS je suis fils d'expat, donc autant de déménagements, d'ou peut-être
mon théorème.

Voici une petite réflexion concernant le mythe du propriétaire.

On nous dit souvent que lorsque l'avenir économique s'annonce moins
brillant, voire sombre, lorsque le monde est plus ou moins menaçant,
alors, tout naturellement les français se refugient dans l'immobilier,
valeur sure et protectrice.

Franchement ! Vous y croyez à une telle absurdité ?

:arrow: Autrement dit, quand tout va mal, la première chose à faire, de
toute urgence, est de s'endetter sur 20 ou 30 ans.

:arrow: Non pas épargner, ce qui serait une réaction normale et la plus
adéquate en face d'un avenir incertain, mais non, c'est bien sur, il
faut s'endetter sur de très longues périodes.

Pas faux mais, en même temps (j'ai des exemples autour de moi),
l'immobilier constitue pour certaines personnes, un peu cigales, une
sorte d'épargne forcée : on ne peut pas déroger au remboursement d'un
emprunt alors qu'on peut, même si on a décidé de mettre de côté tant par
mois, avoir du mal à s'astreindre à le faire.

Je ne dis pas, bien sûr, que c'est de bonne gestion de s'endetter sans
apport personnel sur 25 ou 30 ans surtout si on s'expose au risque
d'avoir à revendre au bout de 5 ans. Mais j'ai vu des personnes qui ont
bien fait de le faire, sachant que de toutes façons, elles resteront 20
ans dans leur logement (et ne s'exposent donc pas au risque d'être
forcées de vendre) et qu'en fin de compte, celui-ci aura une valeur
alors qu'elles auraient été incapables de mettre 1000 € de côté sur la
même période.

On nous dit souvent que lorsque l'avenir économique s'annonce moins
brillant, voire sombre, lorsque le monde est plus ou moins menaçant,
alors, tout naturellement les français se refugient dans l'immobilier 95 ,
valeur sure et protectrice.

Franchement ! Vous y croyez à une telle absurdité ?

:arrow: Autrement dit, quand tout va mal, la première chose à faire, de
toute urgence, est de s'endetter sur 20 ou 30 ans.

:arrow: Non pas épargner, ce qui serait une réaction normale et la plus
adéquate en face d'un avenir incertain, mais non, c'est bien sur, il
faut s'endetter sur de très longues périodes.

Ce mythe date probablement d'une epoque quand pour acheter dans
l'immobilier on pouvait pas prendre beaucoup de credit, et quand l'immo
avait une valeur stable. Maintenant c'est different, et ca a l'air
d'etre difficile a comprendre ....

Enfin voilà, ce qui m'a fait rire, c'est les étiquettes LA LOCATAIRE et
la PROPRIETAIRE. Je sentais bien à quel point c'était un statut social
d'être propriétaire, au même titre que dire je suis banquier, ou
médecin, etc.


Qu'en pensez-vous ?

Le propriétaire bailleur plus précisement :lol:


A te lire on voit la scène... :D :D :D

C'est tellement ça ! Cette supériorité immanente des proprios...

Le monde est si simple pour eux, l'immobilier ne baisse jamais et eux
non plus.

Lui as-tu demandé si chez elle il y avait suffisament de pression dans
la douche ?

Mon fils, étudiant, loue un petit appartement sous les toits dans un
vieil hôtel particulier classé mais limite en ruine, de Toulouse. Là,
hier, juste pendant ses vacances, appel de sa proprio psychanalyste
alors qu'il est en vacances à des milliers de km : " Cher B... , pour
votre gouverne, sachez que je viens de faire réparer les wawa du palier.
ainsi à la rentrée ayez l'obligeance de dire à vos amis d'aller y
déféquer lorsqu'ils vous rendent visite. Elles font partie de la
copropriété mais j'en ai seule la jouissance. Profitez en ! "

Non, mais !

J'ai lu les posts de ce sujet et je me pose la question de savoir
pourquoi j'aimerais tant être propriétaire de mon logement a Pontoise, et mon
témoignage rejoint sur plusieurs points l'analyse de Jaylet.
1- être propriétaire me rend libre : je pense d'abord qu'en tant que
propriétaire, je serais libre de faire ce que je veux et comme je veux,
notamment en termes de travaux;
2- dans un monde moderne dont on dit qu'il est de plus en plus difficile
d'y trouver des repères (mobilité des biens et des personnes) et où les
non-lieux se multiplient (cf. Augé, Benjamin et toute la sociologie de
la modernité) être propriétaire me donne une identité et/ou me permet de
l'affirmer par rapport à moi-même ou en rapport avec les autres: je
transforme mon logement pour en faire un miroir de ce que je suis; j'ai
l'impression de ne plus être de passage et je m'intègre durablement dans
une collectivité (syndic, quartier, etc.)
3- financièrement, ayant un mode de gestion plutôt prudent, je pense que
l'achat de pierre est la façon la plus rentable aujourd'hui d'investir
l'argent dont je dispose, et je de le faire utilement dans l'immobilier val d'oise 95 en répondant au
besoin naturel qu'est se loger. La pierre, à côté des obligations, des
actions, de l'inflation, ça a un côté tangible qui rassure.
Le jour où j'aurai plus d'argent, j'achèterai peut-être une résidence
secondaire (pour étendre mon identité à d'autres lieux) et ainsi de
suite selon un principe cumulatif.
4- enfin, dans la perspective d'une cellule familiale qui ira en
s'élargissant, je suis sûr en devenant propriétaire de transmettre
quelque chose à ma descendance.